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dimanche 21 octobre 2018

Cedarapids CR551

Cette image, prise en 1989, représente un finisseur Cedarapids CR551. Tout comme la recycleuse BOMAG MPH100 mentionnée dans une publication précédente, ce finisseur appartient à Désourdy Construction et la photo a été prise dans la même zone de travaux, au coin des rues Robillard et Mackay.


On remarquera au premier plan le guidon de ma fidèle monture. Les finisseurs sont aussi appelés des vibrofinisseurs, en référence au système vibratoire installé sur la table (la partie à l'arrière de la machine servant à épandre et lisser le bitume). Les vibrations aident à fluidifier le matériel et entrainent une précompaction lors du lissage, chassant l'air et augmentant la densité de l'asphalte. Ces machines sont une merveille d'ingénierie : deux convoyeurs à lattes, pouvant être contrôlés séparément, amènent le matériel de la trémie à la table. Cette dernière est télescopique et possède un système de vis sans fin pour diriger le matériel vers les côtés. Les finisseurs possèdent aussi un système de chauffage pour empêcher le bitume de refroidir et figer. Sur le finisseur de la photo, ce sont des bruleurs à l'huile qui réchauffent les entrailles de la machine. À partir du milieu des années 1990, ce système à graduellement été remplacé par des éléments chauffants électriques. Les éléments électriques génèrent une chaleur plus uniforme que les bruleurs à l'huile et ne produisent pas de fumée. Cette machine possède une console à balançoire qui se déplace d'un côté du finisseur à l'autre et des crochets à rouleau, juste devant la trémie, qui agrippent les jantes du camion-benne durant le déchargement afin de prévenir l'épandage accidentel d'asphalte en cas de fausse manœuvre du camionneur.

En opération, un camion-benne chargé d'asphalte recule jusqu'à la trémie du finisseur. L'opérateur du finisseur signale manuellement au camionneur quand lever ou abaisser la benne afin d'assurer un débit de matériel constant. C'est le finisseur qui pousse le camion-benne, le camionneur ne fait qu'appuyer légèrement sur les freins afin que le finisseur et le camion restent constamment en contact. L'opérateur ajuste la largeur de la table selon la configuration de la route. Un petit groupe d'ouvriers (généralement trois ou quatre), s'occupent de couvrir les puisards (une plaque protectrice est d'ailleurs accrochée à la trémie) et effectuent la finition au râteau autour des bouches d'égout et des couvercles de vanne. Ils veillent aussi à ce qu'il y ait suffisamment de bitume aux extrémités de la table lorsque celle-ci est pleinement déployée.


La vidéo ci-dessus fut tournée par l'employé d'un commerce spécialisé dans la vente d'engins de chantier usagés. On y voit bien les convoyeurs, les vis sans fin et les vérins d'extension de la table. C'est un finisseur Cedarapids CR551 assemblé en 2000. Notez comment la machine de la vidéo, bien qu'elle soit sa cadette d'une douzaine d'années, est presque identique à celle que j'ai photographiée en 1989.

Cette vidéo nous montre la réfection d'une route effectuée par Construction DJL. À partir de 3:05, on y voit un finisseur Cedarapids CR552 à l'œuvre. Désourdy Construction fut vendue à l'entrepreneur français Jean Lefebvre en 1990 et devint Construction DJL. Cette dernière fut ensuite acquise par Eurovia en 2001.

Howard Hall, un homme d'affaire de Cedar Rapids en Iowa aux États-Unis, acquit la Bertschey Engineering Company en 1923. Il renomma l'entreprise l'Iowa Manufacturing Company. À l'époque, la firme se spécialisait dans la fabrication de concasseurs et de tamiseurs pour le traitement des agrégats. La marque de commerce Cedarapids fut employée dès les années 1930. Le premier finisseur Cedarapids fut introduit en 1956. En 1985, la compagnie fut rebaptisée Cedarapids Inc. Cedarapids fut acquise par Terex Corporation en 1999. Terex vendit les marques Cederapids et CMI à BOMAG, propriété du Groupe Fayat, en 2013. En 2018, le catalogue nord-américain de BOMAG comprenait, entre autres, le modèle CR552 qui possède des airs de famille évidents avec le Cedarapids CR551 mentionné sur cette page.

mardi 4 septembre 2018

BOMAG MPH100


Lorsque j’étais jeune, mon passe-temps favori durant les vacances d’été était l’observation d’engins de chantier dans leur milieu naturel. J’enfourchais ma bicyclette et partais à la recherche de zones de travaux où les machines ont l’habitude de se regrouper.


À l’été 1989, la municipalité de Saint-Hubert octroya un contrat à la firme Désourdy Construction pour la réfection de certains tronçons de rues situés entre la Grande-Allée et le boulevard Taschereau, près de l’école secondaire Mgr-A.-M.-Parent. Le contrat incluait le recyclage à froid de la chaussée. La photo ci-dessus fut prise au coin des rues Raymond et Grand-Boulevard. On y voit une recycleuse BOMAG MPH100 en marche arrière, se positionnant pour le passage suivant. Ces machines, capables de réduire le macadam en gravats, offrent un spectacle des plus impressionnants. Le rugissement de l’engin et l’odeur caractéristique de l’asphalte pulvérisée ont laissé en moi des souvenirs indélébiles. Cette machine appartenait à une autre époque : de nos jours, l'opérateur a droit à une cabine climatisée et isolée du son et des vibrations.


En opération, le moteur de la recycleuse entraine un tambour muni de dents en carbure de tungstène (à l’arrière de la machine, sous un bouclier pour prévenir la projection de gravats) qui brisent le revêtement de la chaussée par abrasion. La BOMAG MPH100 utilise une transmission hydrostatique pour transmettre la puissance du moteur au tambour. Notez, dans la vidéo ci-dessus, comment la machine se met à danser lorsque le tambour entre en contact avec le sol. Ces machines sont conçues pour couvrir de grandes surfaces et par conséquent ne conviennent pas au travail de précision. La découpe des bouches d’égout et des couvercles de vanne est laissée à des machines plus agiles ou à des pelles mécaniques. Un opérateur nonchalant est passé sur un couvercle de vanne alors que j’observais sa monture. La machine s’est alors mise à sursauter violemment en faisant un vacarme infernal… Réalisant que quelque chose n’allait pas, l’opérateur stoppa la recycleuse, releva le tambour et gara l’engin sur une rue adjacente pour évaluer les dommages. Une série de dents était cassée et dû être remplacée. Contrairement à la machine dans la vidéo ci-dessous, où le mécanicien peut refaire la dentition du tambour en étant accroupi, sur la BOMAG MPH100, le mécanicien doit se coucher sous le tambour qui a été préalablement bloqué en position relevée... La méthode d'extraction et de remplacement des dents est la même.


La BOMAG MPH100 que j’ai prise en photo, contrairement à celle de la vidéo, peut aussi servir à la stabilisation de la fondation de la chaussée. On utilise alors le tambour pour mélanger un additif au gravier avant l’application de l’asphalte. J’ai déjà vu ces machines être attelées à une citerne de goudron liquide à l’aide d’un timon amovible. Un tuyau était alors raccordé entre la citerne et une pompe installée sur le pare-chocs de la recycleuse. Le goudron circule à l’intérieur du tuyau qui passe du côté droit du capot et se rend jusqu’au tambour. On met alors en marche le tambour, la pompe et on ouvre la valve installée juste avant le rail de distribution qui est monté sur le boîtier du tambour. Le goudron est alors mélangé au gravier mis en mouvement par le tambour. Il ne reste alors qu’à niveler et compacter le sol avant d’asphalter.

En 1956, Koehring fit l'acquisition de la firme Buffalo-Springfield Company. Cette dernière, spécialisée dans la fabrication de rouleaux compacteurs, devint alors une division de Koehring. En 1957, Karl Heinz Schwamborn fonda la firme Bopparder Maschinenbau-Gesellschaft mbH (BOMAG) à Boppard en Allemagne. Schwamborn est l'inventeur du rouleau compacteur vibrateur à deux tambours motorisés. Il vendit l'entreprise à Koehring en 1970. Peu de temps après, la division Buffalo-Springfield fut rebaptisée BOMAG. En 1980, Koehring fut acquise par Air Movement and Control Association International (AMCA). Northwest Engineering se porta acquéreur de Koehring en 1987. La même année, Terex fut aussi acquise par Northwest Engineering et l'ensemble fut rebaptisée Terex. La division BOMAG fut vendue à SPX Corporation en 2001 avant de passer aux mains du Groupe Fayat de Bordeaux en France, en 2005.